Feuilles d’automne : regarder, toucher et raconter avec un enfant
Pour une promenade d’automne, choisissez avec l’enfant une feuille tombée au sol. Regardez sa forme, écoutez-la craquer si elle est sèche, puis comparez son toucher à celui d’une autre feuille. Au retour, une page de livre peut donner des mots à cet échange. Ce sont des propositions à partager, pas des exercices à réussir.

Regarder avant de nommer
Sur un chemin ou dans un jardin, l’enfant peut choisir une feuille déjà tombée. Comparez-en deux : l’une est large, l’autre étroite ; l’une a encore du vert, l’autre est brune. Vous pouvez dire ce que vous voyez et attendre sa réaction. S’il s’intéresse plutôt à une pierre ou à une flaque, suivez sa curiosité. L’observation n’exige ni collection ni bonne réponse.
De retour à la maison, la page « Mes yeux » de Je découvre mes 5 sens parle des couleurs et des formes que l’on voit. Le livre s’adresse aux 3–6 ans ; l’adulte lit les textes courts. Son aperçu est présenté plus bas, pour savoir exactement ce que contient la page.
Comparer les textures en douceur
Une feuille sèche peut crisser entre les doigts ; une feuille humide peut être souple. L’adulte vérifie d’abord ce qui peut être touché, sans ramasser de plante inconnue ni mettre quoi que ce soit à la bouche. On peut demander : « Celle-ci te semble lisse ou rugueuse ? » L’enfant peut aussi préférer regarder sans toucher.
La page « Doux ou rugueux » du livre montre un doudou et une écorce et propose les mots « lisse », « doux », « rugueux » et « granuleux ». Cela peut prolonger la comparaison faite dehors. Ce n’est pas une expérience ayant démontré un bénéfice pour le développement de l’enfant.

Lire ensemble, puis laisser place au jeu
Lisez une phrase de la page choisie, montrez l’image et laissez l’enfant raconter ce qu’il remarque. Une revue de Dowdall et collègues (2020) rassemble 19 essais sur des interventions de lecture partagée de livres illustrés auprès d’enfants d’environ 1 à 6 ans. Elle observe en moyenne de petits effets sur certaines mesures du langage. Ces résultats portent sur ces interventions, pas sur cette promenade, ce livre précis ou le coloriage.
Si l’enfant veut ensuite jouer à chercher « quelque chose de rugueux », l’adulte peut accompagner son idée. Une revue de Skene et collègues (2022) a étudié le jeu guidé chez les 1–8 ans : certains résultats sont encourageants, mais les auteurs jugent les preuves encore trop hétérogènes pour des conclusions très sûres selon les domaines. Notre petit jeu de textures n’a pas été évalué dans ces études. Le dessin libre, le coloriage et la lecture partagée restent aussi des activités distinctes.
Une intention de créatrice, un moment à soi
Joëlle est une jeune grand-mère. Elle a lu des études sur l’intérêt du dessin pour le développement de l’enfant et crée ses livres en pensant au bien-être des enfants, à des activités utiles et ludiques, et aux moments partagés en famille. Cette intention inspire la collection ; elle ne signifie pas que ses livres ont fait l’objet d’une évaluation scientifique.
La promenade peut s’arrêter après une seule feuille observée. Plus tard, l’enfant peut colorier la page, dessiner librement sa propre feuille ou simplement refermer le livre. Le choix et le plaisir d’être ensemble comptent ici davantage qu’une page terminée.


