Au retour du marché d’automne : parler et colorier les fruits et légumes
Après un passage au marché d’automne, on peut poser un fruit ou un légume sur la table, le regarder avec un enfant, écouter ses mots, puis ouvrir une page de coloriage s’il en a envie. Ce petit enchaînement est une proposition de moment partagé, pas une leçon ni une promesse d’apprentissage.

Commencer par ce qui est devant soi
Au retour du marché, choisissez ensemble un seul aliment de saison parmi ceux que vous avez réellement rapportés. L’enfant peut remarquer sa couleur, sa forme ou sa peau ; l’adulte peut nommer ce qu’il voit et laisser une place à une réponse, y compris un geste ou un silence. Par exemple : « Cette courge est ronde. Qu’est-ce que tu remarques ? » Si l’enfant préfère parler du sac ou des feuilles sur le trottoir, suivez son idée.
Il s’agit ici d’un échange autour d’un objet du quotidien. Une étude de Romeo et collègues (2018) a observé, chez 36 enfants de 4 ans et demi à presque 7 ans, une association entre les tours de conversation avec les adultes et des mesures du langage. Cette étude observationnelle ne démontre pas qu’un échange au marché, ni qu’un coloriage, améliore le langage d’un enfant de deux ans.
Ouvrir le livre sans chercher la bonne réponse
Le livre Fruits et légumes est présenté dès 2 ans. Ses pages montrent un aliment par dessin, avec son nom écrit en grand ; les aperçus vérifiables présentent notamment des cerises et des petits pois. On peut regarder une page, montrer le dessin, prononcer le mot, puis demander : « Tu en as déjà vu ? » Les cerises et les petits pois illustrent le contenu du livre ; ils ne sont pas proposés comme achats de saison en octobre.
Les recherches sur la lecture partagée de livres illustrés (Dowdall et collègues, 2020) réunissent 19 essais auprès d’enfants d’environ 1 à 6 ans. Elles étudient des interventions de partage de livres, souvent avec accompagnement des adultes, et trouvent en moyenne de petits effets sur certaines mesures de langage. Regarder et nommer une image peut inspirer une conversation, mais ce livre de coloriage et cette activité précise n’ont pas été évalués dans ces essais.

Passer au coloriage, si l’envie est là
Proposez quelques crayons et laissez l’enfant choisir sa page ou sa couleur. Il peut colorier les cerises en violet, tracer à côté sur une feuille libre, ou refermer le livre. Le dessin libre, le coloriage dans un contour et le jeu de devinettes sont des activités différentes ; aucune n’a besoin d’imiter l’autre ni de se terminer par un résultat attendu.
Pour jouer avec les mots sans interroger l’enfant comme à l’école, on peut dire : « Je cherche un dessin rond » ou « Je vois deux petits pois ». C’est une idée de jeu familial, sans bénéfice mesuré ici. Si l’enfant souhaite surtout colorier en silence, ce choix compte tout autant.
La place de Joëlle dans cette idée
Joëlle, jeune grand-mère, a lu des études sur l’intérêt du dessin pour le développement de l’enfant. Elle crée ses livres en pensant au bien-être des enfants et à des propositions utiles, ludiques, à partager en famille. Cette intention explique la collection ; elle ne signifie pas que les livres Mamie Joe ont été testés scientifiquement. Ici, elle invite simplement parents et grands-parents à laisser une place à la curiosité de l’enfant, à la conversation et au plaisir de faire ensemble.
On peut finir en rangeant les crayons et en gardant la page ouverte pour une autre fois. Le livre reste disponible quand l’envie revient ; le moment passé ensemble se suffit à lui-même.


